mercredi, août 01, 2007
vendredi, mars 09, 2007
Retour au pays
Apres une nuit de traversée entre Nador et Almeria, nous débarquons en Europe. Tout est clinquant, tout est propre. Tant de richesse nous met un peu mal à l'aise. Nous mettons beaucoup de temps à nous rehabituer à cette société du "trop" !
Nous remontons la cote espagnole, en longeant les alignements d'immeubles qui cachent la mer.
Un soir nous hébergeons un clown à vélo sous l'avancée de notre tente. En echange, il nous apprend à marcher sur un fil et à jouer de la trompette ! Les immeubles défilent jusqu'a Barcelone où nous retrouvons Fanélie, une amie de Lorient.
Trouver un endroit où dormir n'est pas chose facile sur cette côte balnéaire désertée. Nous faisons peu de rencontres. Le froid de l'hiver arrive et la frontière française approche.
Une bonne côte nous sépare de la France. Nous la franchissons en fin de journée, puis achetons vin, fromage de chèvre et éclair au café pour fêter notre retour au pays.
Encore trois semaines de remontée à travers la France. Nous en profitons pour rendre visite a plusieurs amis en chemin. Nous nous faisons petit à petit à l'idée que la fin du voyage arrive. Les Français nous réservent un accueil formidable et inattendu. Régulièrement, on nous offre un thé, puis le repas, et même un bon lit au chaud ! Notre pays est plus hospitalier que nous ne l'avions imaginé. A Descartes (37), nous croisons notre route du départ et rendons visite à Yohann et Valérie, qui nous avaient accueillis si gentiement il y a maintenant deux ans.
La grande richesse de ce voyage est d'être amenés à rencontrer chaque jour des gens totalement différents les uns des autres. Une chance incroyable qui nous a permis de connaître les mots ouverture d'esprit, curiosité, tolérance... Cela nous manquera beaucoup plus que les heures de vélo...
Les derniers jours sont pluvieux et venteux. Nous retrouvons nos régions, des odeurs, des images, des goûts que nous connaissons depuis toujours. Nous sommes impatients de retrouver nos proches.
Samedi 03 mars, 16 heures :
A mesure que les derniers kilometres defilent, la pression monte. Nous appréhendons un peu notre réaction face à la fin d'une si belle aventure, et au retour à une société qui nous dépasse parfois... La boule au ventre, nous approchons du lieu de rendez-vous. Une grande banderole et un attroupement nous barrent la route. Nous les voyons et les entendons de loin. Peut-être avaient-ils peur que nous ne nous arrêtions pas ?! Nous ralentissons pourtant, serrons les freins, puis posons le pied à terre, pour la dernière fois. Un moment fort, où l'on plane un peu, portés par trop d'émotion. Tous ces gens nous ont manqué pendant deux ans, et les voici d'un coup, tous réunis, que nous pouvons serrer dans nos bras !
Que la fête commence... Les proches nous ont préparé une très belle fête. Nous danserons même tous les deux sur la table ! Nous profitons de chaque minute trop courte. Même la Lune est de la fête, et nous offre une belle eclipse.
Nous sommes heureux. Nous avons atteint, ensemble, le but que nous nous étions fixé. Des projets plein la tête, l'aventure de notre vie continue. Comme quand on lutte pour atteindre un col, l'ascencion est longue. La route est tantôt belle, tantôt difficile. Mais une fois en haut, quelle fierté, quel bonheur. Pourtant, ce n'est qu'un passage. Car derrière le col s'étendent déjà à perte de vue de nouvelles steppes, immenses, inconnues et attirantes...
Nous remontons la cote espagnole, en longeant les alignements d'immeubles qui cachent la mer.
Un soir nous hébergeons un clown à vélo sous l'avancée de notre tente. En echange, il nous apprend à marcher sur un fil et à jouer de la trompette ! Les immeubles défilent jusqu'a Barcelone où nous retrouvons Fanélie, une amie de Lorient.
Trouver un endroit où dormir n'est pas chose facile sur cette côte balnéaire désertée. Nous faisons peu de rencontres. Le froid de l'hiver arrive et la frontière française approche.
Une bonne côte nous sépare de la France. Nous la franchissons en fin de journée, puis achetons vin, fromage de chèvre et éclair au café pour fêter notre retour au pays.
Encore trois semaines de remontée à travers la France. Nous en profitons pour rendre visite a plusieurs amis en chemin. Nous nous faisons petit à petit à l'idée que la fin du voyage arrive. Les Français nous réservent un accueil formidable et inattendu. Régulièrement, on nous offre un thé, puis le repas, et même un bon lit au chaud ! Notre pays est plus hospitalier que nous ne l'avions imaginé. A Descartes (37), nous croisons notre route du départ et rendons visite à Yohann et Valérie, qui nous avaient accueillis si gentiement il y a maintenant deux ans.
La grande richesse de ce voyage est d'être amenés à rencontrer chaque jour des gens totalement différents les uns des autres. Une chance incroyable qui nous a permis de connaître les mots ouverture d'esprit, curiosité, tolérance... Cela nous manquera beaucoup plus que les heures de vélo...
Les derniers jours sont pluvieux et venteux. Nous retrouvons nos régions, des odeurs, des images, des goûts que nous connaissons depuis toujours. Nous sommes impatients de retrouver nos proches.
Samedi 03 mars, 16 heures :
A mesure que les derniers kilometres defilent, la pression monte. Nous appréhendons un peu notre réaction face à la fin d'une si belle aventure, et au retour à une société qui nous dépasse parfois... La boule au ventre, nous approchons du lieu de rendez-vous. Une grande banderole et un attroupement nous barrent la route. Nous les voyons et les entendons de loin. Peut-être avaient-ils peur que nous ne nous arrêtions pas ?! Nous ralentissons pourtant, serrons les freins, puis posons le pied à terre, pour la dernière fois. Un moment fort, où l'on plane un peu, portés par trop d'émotion. Tous ces gens nous ont manqué pendant deux ans, et les voici d'un coup, tous réunis, que nous pouvons serrer dans nos bras !
Que la fête commence... Les proches nous ont préparé une très belle fête. Nous danserons même tous les deux sur la table ! Nous profitons de chaque minute trop courte. Même la Lune est de la fête, et nous offre une belle eclipse.
Nous sommes heureux. Nous avons atteint, ensemble, le but que nous nous étions fixé. Des projets plein la tête, l'aventure de notre vie continue. Comme quand on lutte pour atteindre un col, l'ascencion est longue. La route est tantôt belle, tantôt difficile. Mais une fois en haut, quelle fierté, quel bonheur. Pourtant, ce n'est qu'un passage. Car derrière le col s'étendent déjà à perte de vue de nouvelles steppes, immenses, inconnues et attirantes...
jeudi, janvier 11, 2007
Retour en Europe
Le Maroc est repute pour l accueil de ses habitants. Nous avons effectivement decouvert une population pour qui l hospitalite est une seconde nature. Difficile de dormir dans la tente car la porte d une maison marocaine est toujours ouverte pour un etranger, que la religion dicte de recevoir comme s il etait envoye par Dieu.
Le the a la menthe coule a flots. Il est souvent accompagne d un delicieux pain fait maison, que l on trempe dans de l huile d olive artisanale. Dans certaines maisons, nous ne rencontrons pas les femmes, qui restent entre elles dans la cuisine a preparer le repas qui nous est offert. Il s agit principalement du tagine, un ragout de viande, epices et legumes cuits dans un plat pyramidal en terre cuite. Nous sommes heureux quand les femmes et les enfants partagent le repas avec nous, et cela nous met aussi plus a l aise.
Comme dans la famille Boussaidi, ou nous observons chacun de leurs gestes avec attention. La vieille file la laine, la maman prepare les melouis, de grandes galettes carrees dont nous raffolons, les vieux fument de l herbe a longueur de journee en coincant leur pipe entre les deux dents qui leur restent ! Sans le savoir, cette famille chaleureuse nous a offert un beau souvenir, un Noel sans sapin mais avec leur chaleur comme cadeau...
Les Marocains nous recoivent bien en tant que Francais. Heureusement que nous ne sommes pas Americains, surtout le jour de l execution de Saddam Hussein, vecue comme une provocation dans le monde arabe. Car cet evenement a eu lieu le jour de leur plus grande fete de l annee, l aid el kebir عيد الكبير. C est la commemoration du sacrifice d Abraham, a l occasion de laquelle les musulmans tuent un mouton. Nous sommes invites a y assister, ce qui est finalement bien moins festif que nous ne l imaginions. Le mouton, achete quelques jours auparavant contre plusieurs mois de salaire, est egorge le matin. A midi il est de coutume de manger son foie. Puis la viande sera partagee toute la semaine entre les membres de la famille qui se rendent visite a cette occasion. Nous quittons le Maroc juste avant l overdose de viande de mouton.
En debarquant en Espagne (a Almeria), nous retrouvons l Europe occidentatle, la belle, la riche, la moderne. Il nous faut quelques jours pour nous rehabituer aux WC avec chasse d eau et papier, aux robinets avec eau chaude, et autres conforts oublies. Nous devons maintenant arreter de dire bonjour a tout le monde dans la rue, et realiser que la France approche...
Le the a la menthe coule a flots. Il est souvent accompagne d un delicieux pain fait maison, que l on trempe dans de l huile d olive artisanale. Dans certaines maisons, nous ne rencontrons pas les femmes, qui restent entre elles dans la cuisine a preparer le repas qui nous est offert. Il s agit principalement du tagine, un ragout de viande, epices et legumes cuits dans un plat pyramidal en terre cuite. Nous sommes heureux quand les femmes et les enfants partagent le repas avec nous, et cela nous met aussi plus a l aise.
Comme dans la famille Boussaidi, ou nous observons chacun de leurs gestes avec attention. La vieille file la laine, la maman prepare les melouis, de grandes galettes carrees dont nous raffolons, les vieux fument de l herbe a longueur de journee en coincant leur pipe entre les deux dents qui leur restent ! Sans le savoir, cette famille chaleureuse nous a offert un beau souvenir, un Noel sans sapin mais avec leur chaleur comme cadeau...
Les Marocains nous recoivent bien en tant que Francais. Heureusement que nous ne sommes pas Americains, surtout le jour de l execution de Saddam Hussein, vecue comme une provocation dans le monde arabe. Car cet evenement a eu lieu le jour de leur plus grande fete de l annee, l aid el kebir عيد الكبير. C est la commemoration du sacrifice d Abraham, a l occasion de laquelle les musulmans tuent un mouton. Nous sommes invites a y assister, ce qui est finalement bien moins festif que nous ne l imaginions. Le mouton, achete quelques jours auparavant contre plusieurs mois de salaire, est egorge le matin. A midi il est de coutume de manger son foie. Puis la viande sera partagee toute la semaine entre les membres de la famille qui se rendent visite a cette occasion. Nous quittons le Maroc juste avant l overdose de viande de mouton.
En debarquant en Espagne (a Almeria), nous retrouvons l Europe occidentatle, la belle, la riche, la moderne. Il nous faut quelques jours pour nous rehabituer aux WC avec chasse d eau et papier, aux robinets avec eau chaude, et autres conforts oublies. Nous devons maintenant arreter de dire bonjour a tout le monde dans la rue, et realiser que la France approche...
mardi, novembre 21, 2006
Nouvelles du Sahara
Le Cap Vert : ses plages, sa musique, ses montagnes... une belle destination, dont nous garderons pourtant un mauvais souvenir. Un soir, nous reperons un endroit joli et tranquille pour camper, au bord de la mer. Quelques jeunes pechent un peu plus loin dans les rochers. Nous attendons d etre seuls pour monter notre bivouac, mais seulement la tente interieure, car il fait tres chaud. Toutes nos sacoches sont restees sur les velos, car nous pouvons les voir a travers la moustiquaire. Alors que nous sommes deja endormis, un bruit reveille Brieg. Il verifie que les affaires sont toujours la, et se rendort. Mais un nouveau bruit vient troubler son repos. Et cette fois en ouvrant les yeux, il voit deux hommes penches sur les velos, bien occupes a essayer de les detacher. Nous hurlons pour faire fuir les voleurs. Les deux silhouettes s eloignent dans la nuit. Le temps de sortir de la tente pour verifier qu ils n ont rien pris, et une pluie de pierres s abat a quelques centimetres du campement. Ils ne s etaient pas vraiment enfuis, mais juste caches derriere un buisson tout pres de nous. La nuit donne l avantage a leur peau noire. Pour la premiere fois du voyage, la peur s installe dans nos ventres et tansforme nos voix. Nous ramassons rapidement nos affaires, en commencant par mettre nos papiers sur nous. Au bout d une vingtaine de longues minutes, les cailloux cessent enfin de tomber, nous n avons plus qu a replier la moustiquaire, et a regagner la route en esperant que cette fois, nos voleurs sont bien partis. Nous pedalons dans l obscurite jusqu au prochain village ou nous trouvons une maison accueillante pour passer la nuit en securite, avec toutefois un peu de mal a retrouver le sommeil...
Quelques jours plus tard nous aterrissons sur le sol africain. Le Senegal nous offre toutes les images de l Afrique noire : les femmes elancees qui portent tout sur la tete, les hommes en boubou, les enfants et leurs grigris autour de la taille...les tissus colores, les baobabs, la chaleur...
La chaleur est d autant plus difficile a supporter qu elle ne diminue pas la nuit. Nous declinons meme plusieurs fois l offre de dormir dans la maison de nos hotes, et nous installons dehors, a la recherche du moindre brin d air. A deux reprises, nous sommes accueillis par des Peulhs (ethnie minoritaire). Ce peuple est d une hospitalite et d une gaiete incroyables. Certaines femmes de ces tribus se tatouent le menton et la levre inferieure en noir. Les hommes eux ont les gencives tatouees. Un des premiers soirs en Mauritanie, nous nous arretons dans un village de cases, et c est a ces tatouages que nous reconnaissons qu il s agit de Peulhs, ce que la chaleur de leur accueil viendra confirmer. Les femmes nous demandent de les photographier, et toute la famille pose devant notre objectif.
La Mauritanie deploie l immensite du desert devant nos roues. Nous observons un beau specimen de scorpion, et le soir les gerbilles viennent grignoter nos miettes. Autour des trois tasses de the rituelles, nous discutons avec les bedouins sous leurs grandes tentes carrees. C est avec Alain (le pere de Brieg), Jeanne-Marie et leurs amis venus nous rejoindre a Atar que nous decouvrons les plus belles images. Nous visitons avec eux la belle region de l Adrar, ses phenomenes geologiques, ses gravures rupestres prehistoriques, et les dunes a perte de vue. Au bout d une semaine de retrouvailles, decouvertes et bonne cuisine, nous les quittons pour reprendre nos velos. Apres avoir hesite devant les differents avis, nous decidons d entreprendre la piste Atar-Choum a velo. Les premliers kilometres roulent bien mais le sable et le poids de nos reserves d eau (26 L) rendent vite les choses plus difficiles. Nous avancons quand meme, mais le lendemain la piste ne s ameliore guere. Pour couronner le tout, un vent de sable se leve en fin de matinee. Le sable nous fouette les jambes et reduit dangereusement la visibilite. Nous decidons de faire demi-tour jusqu a des huttes que nous avons depasse un peu plus tot. Dans cette region il vaut mieux etre prudents, nous ne remporterions pas une partie contre le desert. Au bout d une heure nous approchons des habitations quand une voiture arrive. Nous lui faissons signe de s arreter et elle nous emmene jusqu a Choum, a une cinquantaine de kilometres.
La, nous attendons le plus long train de marchandise du monde. Quand ses 200 wagons s arretent en gare, nous n avons que quelques minutes pour grimper sur le chargement de minerais. Une fois tout notre bardas installe, nous nous emmitouflons pour nous proteger de la poussiere. Apres 13 heures de trajet sous les etoiles, nous arrivons a Nouadhibou, sur la cote, avec une allure de ramoneurs.
Le Maroc est a present tout proche. Nous y entrerons ces jours-ci et remonterons le Sahara Occidental en camion pour eviter une portion ennuyeuse et balayee par un vent contraire. Nous remonterons sur nos bicyclettes a TanTan pour decouvrir le Maroc et assister a la fete du mouton en fin d annee.
Quelques jours plus tard nous aterrissons sur le sol africain. Le Senegal nous offre toutes les images de l Afrique noire : les femmes elancees qui portent tout sur la tete, les hommes en boubou, les enfants et leurs grigris autour de la taille...les tissus colores, les baobabs, la chaleur...
La chaleur est d autant plus difficile a supporter qu elle ne diminue pas la nuit. Nous declinons meme plusieurs fois l offre de dormir dans la maison de nos hotes, et nous installons dehors, a la recherche du moindre brin d air. A deux reprises, nous sommes accueillis par des Peulhs (ethnie minoritaire). Ce peuple est d une hospitalite et d une gaiete incroyables. Certaines femmes de ces tribus se tatouent le menton et la levre inferieure en noir. Les hommes eux ont les gencives tatouees. Un des premiers soirs en Mauritanie, nous nous arretons dans un village de cases, et c est a ces tatouages que nous reconnaissons qu il s agit de Peulhs, ce que la chaleur de leur accueil viendra confirmer. Les femmes nous demandent de les photographier, et toute la famille pose devant notre objectif.
La Mauritanie deploie l immensite du desert devant nos roues. Nous observons un beau specimen de scorpion, et le soir les gerbilles viennent grignoter nos miettes. Autour des trois tasses de the rituelles, nous discutons avec les bedouins sous leurs grandes tentes carrees. C est avec Alain (le pere de Brieg), Jeanne-Marie et leurs amis venus nous rejoindre a Atar que nous decouvrons les plus belles images. Nous visitons avec eux la belle region de l Adrar, ses phenomenes geologiques, ses gravures rupestres prehistoriques, et les dunes a perte de vue. Au bout d une semaine de retrouvailles, decouvertes et bonne cuisine, nous les quittons pour reprendre nos velos. Apres avoir hesite devant les differents avis, nous decidons d entreprendre la piste Atar-Choum a velo. Les premliers kilometres roulent bien mais le sable et le poids de nos reserves d eau (26 L) rendent vite les choses plus difficiles. Nous avancons quand meme, mais le lendemain la piste ne s ameliore guere. Pour couronner le tout, un vent de sable se leve en fin de matinee. Le sable nous fouette les jambes et reduit dangereusement la visibilite. Nous decidons de faire demi-tour jusqu a des huttes que nous avons depasse un peu plus tot. Dans cette region il vaut mieux etre prudents, nous ne remporterions pas une partie contre le desert. Au bout d une heure nous approchons des habitations quand une voiture arrive. Nous lui faissons signe de s arreter et elle nous emmene jusqu a Choum, a une cinquantaine de kilometres.
La, nous attendons le plus long train de marchandise du monde. Quand ses 200 wagons s arretent en gare, nous n avons que quelques minutes pour grimper sur le chargement de minerais. Une fois tout notre bardas installe, nous nous emmitouflons pour nous proteger de la poussiere. Apres 13 heures de trajet sous les etoiles, nous arrivons a Nouadhibou, sur la cote, avec une allure de ramoneurs.
Le Maroc est a present tout proche. Nous y entrerons ces jours-ci et remonterons le Sahara Occidental en camion pour eviter une portion ennuyeuse et balayee par un vent contraire. Nous remonterons sur nos bicyclettes a TanTan pour decouvrir le Maroc et assister a la fete du mouton en fin d annee.
vendredi, septembre 29, 2006
Si tu vas a Rio...
Un matin nous roulons dans une petite ville quand deux hommes nous interpellent. Nous pensons qu'il s'agit de curieux qui veulent savoir d'ou nous venons, comme nous en croisons beaucoup chaque jour. Nous nous arretons donc pour discuter un peu avec eux. Au dessus de leur tete figure une enseigne 'Radio Independente 101.5 FM'. Ils nous font entrer dans le local pour continuer la conversation autour d'un cafe. L'un d'eux parle espagnol et traduit nos reponses en portugais. Nous sommes confortablement installes dans le studio de radio aux murs capitonnes quand la lumiere 'ON AIR' s'allume. Nos aventures sont donc diffusees dans toute la region !
Le Bresil est un continent. Pour nous avancer un peu, nous grimpons dans un camion afin de couvrir la distance qui nous separe de Curitiba. A la nuit tombee, la chauffeur s'arrete pour dormir. Nous liberons sa cabine et allons dormir dans la remorque, sur le chargement de farine ! Apres avoir passe la nuit ''dans le petrin'', nous decouvrons Curitiba, ville modele du pays, avec ses espaces verts, ses commerces et son vieux quartier preserve.
En traversant une region vallonee d'exploitation forestiere, nous arrivons dans le petit village d'Eldorado, a temps pour celebrer la fete de l'independence. Nous passons la soiree a observer les Bresiliennes, dont les talons sont aussi hauts que les decolletes sont bas ! Plus loin, un villageois nous conduit a la petite ecole pour camper dans la cour. Le lendemain a six heures du matin les premiers eleves arrivent en s'exclamant ''- Il y a une tente dans la cour, venez voir ! Y'a aussi des velos !'' Nous sortons la tete de la tente et ils restent figes, cette fois beaucoup moins bavards. Sans doute a cause de la chaleur, la classe commence tres tot, et la maitresse nous fait entrer dans sa classe unique qui regroupe quatre niveaux. Chaque eleve vient au tableau pour nous poser une question, et ne regagne son pupitre qu'apres nous avoir fait un bisou. Nous rangeons leurs petits mots dans la sacoche arriere d'Elise qui s est transformee en 'sacoche-caderaux' depuis l'Argentine. T-shirt souvenir, nounours, artisanat... Nous devons souvent refuser des presents en fonction de leur taille ou de leur poids.
Quelques jours plus tard nous arrivons enfin sur la cote ou l'ambiance est bien differente. Musique, plage et surf. La population du littoral compte plus de blacks et de metisses, dont les corps somptueux ondulent sur les plages et les pistes de danse. A Bertioga nous passons la journee pres de Careca, un homme rencontre au supermarche, qui tient un stand sur la plage. Il ramene une planche pour Brieg et ils vont surfer tous les deux. Pendant ce temps Elise tente en vain de rattraper son bronzage de zebre propre a tout cycliste. Dida nous fait gouter des cocktails locaux et nous dansons toute la soiree dans son salon. Devinette, d'apres les photos, quel age lui donnez vous ?
Nous longeons la cote jusqu'a Rio. Cette partie du littoral est reputee pour sa beaute. Malheureusement sous la pluie incessante nous n'en profitons guere. De plus il nous est tres difficile de trouver un jardin ou planter la tente car les maisons sont des villas de vacances avec barbeles electrifies et cameras, et une tente a cote de la piscine, ca ne fait pas tres classe...
Nous arrivons a Rio de Janeiro trempes et puant l' humidite. Heureusement le soleil revient et nous decouvrons le Rio des cartes postales avec son Christ de Corcovado, les tout petits-minis bikinis, et bien sur la plage de Copacabana...
Un air de samba en tete, nous prendrons l'avion jeudi prochain (05/10) pour decouvrir les iles du Cap Vert, avant d'atterir sur le continent africain a Dakar...
Le Bresil est un continent. Pour nous avancer un peu, nous grimpons dans un camion afin de couvrir la distance qui nous separe de Curitiba. A la nuit tombee, la chauffeur s'arrete pour dormir. Nous liberons sa cabine et allons dormir dans la remorque, sur le chargement de farine ! Apres avoir passe la nuit ''dans le petrin'', nous decouvrons Curitiba, ville modele du pays, avec ses espaces verts, ses commerces et son vieux quartier preserve.
En traversant une region vallonee d'exploitation forestiere, nous arrivons dans le petit village d'Eldorado, a temps pour celebrer la fete de l'independence. Nous passons la soiree a observer les Bresiliennes, dont les talons sont aussi hauts que les decolletes sont bas ! Plus loin, un villageois nous conduit a la petite ecole pour camper dans la cour. Le lendemain a six heures du matin les premiers eleves arrivent en s'exclamant ''- Il y a une tente dans la cour, venez voir ! Y'a aussi des velos !'' Nous sortons la tete de la tente et ils restent figes, cette fois beaucoup moins bavards. Sans doute a cause de la chaleur, la classe commence tres tot, et la maitresse nous fait entrer dans sa classe unique qui regroupe quatre niveaux. Chaque eleve vient au tableau pour nous poser une question, et ne regagne son pupitre qu'apres nous avoir fait un bisou. Nous rangeons leurs petits mots dans la sacoche arriere d'Elise qui s est transformee en 'sacoche-caderaux' depuis l'Argentine. T-shirt souvenir, nounours, artisanat... Nous devons souvent refuser des presents en fonction de leur taille ou de leur poids.
Quelques jours plus tard nous arrivons enfin sur la cote ou l'ambiance est bien differente. Musique, plage et surf. La population du littoral compte plus de blacks et de metisses, dont les corps somptueux ondulent sur les plages et les pistes de danse. A Bertioga nous passons la journee pres de Careca, un homme rencontre au supermarche, qui tient un stand sur la plage. Il ramene une planche pour Brieg et ils vont surfer tous les deux. Pendant ce temps Elise tente en vain de rattraper son bronzage de zebre propre a tout cycliste. Dida nous fait gouter des cocktails locaux et nous dansons toute la soiree dans son salon. Devinette, d'apres les photos, quel age lui donnez vous ?
Nous longeons la cote jusqu'a Rio. Cette partie du littoral est reputee pour sa beaute. Malheureusement sous la pluie incessante nous n'en profitons guere. De plus il nous est tres difficile de trouver un jardin ou planter la tente car les maisons sont des villas de vacances avec barbeles electrifies et cameras, et une tente a cote de la piscine, ca ne fait pas tres classe...
Nous arrivons a Rio de Janeiro trempes et puant l' humidite. Heureusement le soleil revient et nous decouvrons le Rio des cartes postales avec son Christ de Corcovado, les tout petits-minis bikinis, et bien sur la plage de Copacabana...
Un air de samba en tete, nous prendrons l'avion jeudi prochain (05/10) pour decouvrir les iles du Cap Vert, avant d'atterir sur le continent africain a Dakar...
lundi, août 28, 2006
A travers l Amerique du Sud
De Salta nous partons plein est en direction du Chaco. Vaste region, plate, seche et vide. La route qui la traverse est rectiligne sur 700 kilometres, ennuyeuse a mourir, sans rien a regarder. Nous decidons donc de monter dans un camion pour nous avancer un peu, mais nous avons vite l impression d etre bloques au milieu de nulle part : au bout d une journee entiere de stop sans succes nous capitulons, et aucun bus ne veut prendre nos velos. Nos derniers espoirs s evanouissent en apprenant que meme le train de marchandises est en panne ! Finalement au bout de deux jours de velo supplementaires, nous trouvons un semi-remorque qui nous depose pres du parc national du Chaco. Nous y decouvrons crocodile, singe, serpent et de superbes oiseaux en pleine nature.
Un soir un ancien garde-rouge hongrois, refugie en Amerique du Sud depuis plus de quarante ans, nous invite a manger le poulet. A 71 ans, Francisco nous raconte sa vie mouvementee, tout droit sortie d un roman. L heure tourne, il nous propose donc de dormir chez lui, au milieu des frigos qu il repare. Quelques jours plus tard a Formosa, un homme s approche sur son beau velo pour discuter. Apres seulement cinq minutes, il nous invite a dormir chez lui. Nous faisons connaissance avec sa famille autour de jambon fume, olives et specialites locales. Omar s interesse a beaucoup de choses et prend plaisir a nous exposer ses theories - plus ou moins fondees - sur la vie. Le lendemain il pleut a torrent, nous restons au chaud devant le fourneau. C est l occasion de leur faire gouter les crepes : un vrai succes !
Puis nous poursuivons notre chemin vers le Paraguay et Asuncion. Depuis Salta les paysages sont monotones, mais les rencontres fabuleuses et intenses. Avant la frontiere nous passons la soiree dans une ferme en compagnie d un gaucho. Nous cuisinons ensemble sur le feu de bois, et discutons en buvant le traditionnel mate.
La population du Paraguay est composee d une etonnante diverstite d immigres : italiens, canadiens, allemands... Certains d entre eux sont menonites : des communautes qui vivent comme dans `La petite maison dans la prairie´, refusant par conviction toute modernite.
Alors que nous nous attendons a passer notre derniere nuit au Paraguay, nous nous retrouvons avec surprise au Japon. Yguazu fait partie de ces villages fondes par des immigres, ici 90% des villageois sont japonais. Nous demandons l autorisation de planter la tente dans une ferme, et sommes accueillis a bras ouverts par la famille Sato. Ils nous offrent une piece pour dormir dans la maison, et nous proposent de rester quelques jours afin d assister a la fete du village. Les deux freres Kazu et Nori s occupent de l entreprise familiale de production et vente de grains. Pendant ce temps leurs femmes et leur maman nous preparent des plats japonais a tomber par terre. Nous les aidons a preparer la fete du village, et restons quatre jours dans cette famille merveileuse qu Elise quitte les larmes aux yeux.
Tout juste arrives au Bresil, nous sommes alles visiter les splendides chutes d Iguacu. Prochaines etapes : Curitiba, Sao Paolo puis Rio de Janeiro que nous devrions rejoindre debut octobre.
PS : desoles, apres 17 mois de voyage, nous manquons un peu d imagination pour les legendes de photos !
Un soir un ancien garde-rouge hongrois, refugie en Amerique du Sud depuis plus de quarante ans, nous invite a manger le poulet. A 71 ans, Francisco nous raconte sa vie mouvementee, tout droit sortie d un roman. L heure tourne, il nous propose donc de dormir chez lui, au milieu des frigos qu il repare. Quelques jours plus tard a Formosa, un homme s approche sur son beau velo pour discuter. Apres seulement cinq minutes, il nous invite a dormir chez lui. Nous faisons connaissance avec sa famille autour de jambon fume, olives et specialites locales. Omar s interesse a beaucoup de choses et prend plaisir a nous exposer ses theories - plus ou moins fondees - sur la vie. Le lendemain il pleut a torrent, nous restons au chaud devant le fourneau. C est l occasion de leur faire gouter les crepes : un vrai succes !
Puis nous poursuivons notre chemin vers le Paraguay et Asuncion. Depuis Salta les paysages sont monotones, mais les rencontres fabuleuses et intenses. Avant la frontiere nous passons la soiree dans une ferme en compagnie d un gaucho. Nous cuisinons ensemble sur le feu de bois, et discutons en buvant le traditionnel mate.
La population du Paraguay est composee d une etonnante diverstite d immigres : italiens, canadiens, allemands... Certains d entre eux sont menonites : des communautes qui vivent comme dans `La petite maison dans la prairie´, refusant par conviction toute modernite.
Alors que nous nous attendons a passer notre derniere nuit au Paraguay, nous nous retrouvons avec surprise au Japon. Yguazu fait partie de ces villages fondes par des immigres, ici 90% des villageois sont japonais. Nous demandons l autorisation de planter la tente dans une ferme, et sommes accueillis a bras ouverts par la famille Sato. Ils nous offrent une piece pour dormir dans la maison, et nous proposent de rester quelques jours afin d assister a la fete du village. Les deux freres Kazu et Nori s occupent de l entreprise familiale de production et vente de grains. Pendant ce temps leurs femmes et leur maman nous preparent des plats japonais a tomber par terre. Nous les aidons a preparer la fete du village, et restons quatre jours dans cette famille merveileuse qu Elise quitte les larmes aux yeux.
Tout juste arrives au Bresil, nous sommes alles visiter les splendides chutes d Iguacu. Prochaines etapes : Curitiba, Sao Paolo puis Rio de Janeiro que nous devrions rejoindre debut octobre.
PS : desoles, apres 17 mois de voyage, nous manquons un peu d imagination pour les legendes de photos !
mardi, août 01, 2006
C'est beau mais c'est dur, C'est dur mais c'est beau !
La route que nous empruntons pour nous rendre au nord du salar d'Uyuni est une piste caillouteuse, longue et peu frequentee. Apres plusieurs jours a se faire secouer comme des pruniers sur la piste en tole ondulee, nous arrivons dans un petit village. Sur la place centrale, nous apercevons deux velos charges, au-dessus des quels flotte le drapeau francais. Nous nous precipitons vers eux, bien contents de rencontrer d'autres cyclos-voyageurs dans ce coin paume de Bolivie. Nous faisons la connaissance de Laurence et Lionel, qui voyagent sur le theme du commerce equitable (www.asso-equilibre.org). Ils se dirigent eux aussi vers le salar d'Uyuni, et comme le courant passe aussitot, nous decidons de prendre la route avec eux des le lendemain.
Ensemble nous traversons le salar, desert de sel dont le blanc immacule s'etend a perte de vue. Le temps et l'espace perdent toute mesure. Au loin, les montagnes apparaissent comme des mirages flottant dans le ciel. Pour nous diriger vers l'"ile" ou nous passons notre premiere nuit, le compteur et la boussole sont des instruments de navigation indispensables. En bon marin, Brieg assure la navigation :" -Cap au 190 ! " L'ile Incahuasi semble s'eloigner a mesure que nous en approchons. Le lendemain une nouvelle journee sur le sel nous attend. Le blanc, le craquement sous les pneus et le froid qui nous mord le visage nous donnent l'impression de rouler sur la banquise. Le second soir nous etablissons notre campement au milieu de nulle part, en plein reve.
Le salar traverse, nous refaisons le plein de provisions dans la petite ville d'Uyuni avant de repartir pour une nouvelle piste, beaucoup plus difficile. Nous sommes en permanence autour de 4000 metres d'altitude, et les temperatures chutent a -10, -15'C la nuit. Cailloux, sable et montagne... Les pentes nous brulent les cuisses et les poumons. La bonne humeur et les eclats de rire que nous partageons avec nos nouveaux amis nous font oublier la difficulte. De plus les paysages sont de vrais joyaux de pierre. Les roches a la geologie surprenante se decoupent en mosaique de couleurs. Dans ces decors de westerns nous descendons les Andes apres avoir totalise 600 kilometres de piste infernale !
Nous quittons la Bolivie a La Quiaca et faisons honneur a la viande argentine dont le reputation est internationale. Convaincus des notre premier steak d'au moins 400 grammes chacun, nous decidons meme de nous acheter une poele afin d'agrementer nos menus. Dans le village d'Humahuaca, nous sommes tous les quatre invites chez Lirio et Rafo, un couple d'artistes aux idees pacifiques. La soiree s'etire entre crepes, danses bretonnes et airs de flute traditionnelle. Le lendemain nous quittons Laurence et Lionel a regrets, apres plus de deux semaines de peregrinations en commun. Leur avion les ramene en France dans quelques jours, tandis que nous prenons la route Salta-Resistencia, direction le Paraguay.
Ensemble nous traversons le salar, desert de sel dont le blanc immacule s'etend a perte de vue. Le temps et l'espace perdent toute mesure. Au loin, les montagnes apparaissent comme des mirages flottant dans le ciel. Pour nous diriger vers l'"ile" ou nous passons notre premiere nuit, le compteur et la boussole sont des instruments de navigation indispensables. En bon marin, Brieg assure la navigation :" -Cap au 190 ! " L'ile Incahuasi semble s'eloigner a mesure que nous en approchons. Le lendemain une nouvelle journee sur le sel nous attend. Le blanc, le craquement sous les pneus et le froid qui nous mord le visage nous donnent l'impression de rouler sur la banquise. Le second soir nous etablissons notre campement au milieu de nulle part, en plein reve.
Le salar traverse, nous refaisons le plein de provisions dans la petite ville d'Uyuni avant de repartir pour une nouvelle piste, beaucoup plus difficile. Nous sommes en permanence autour de 4000 metres d'altitude, et les temperatures chutent a -10, -15'C la nuit. Cailloux, sable et montagne... Les pentes nous brulent les cuisses et les poumons. La bonne humeur et les eclats de rire que nous partageons avec nos nouveaux amis nous font oublier la difficulte. De plus les paysages sont de vrais joyaux de pierre. Les roches a la geologie surprenante se decoupent en mosaique de couleurs. Dans ces decors de westerns nous descendons les Andes apres avoir totalise 600 kilometres de piste infernale !
Nous quittons la Bolivie a La Quiaca et faisons honneur a la viande argentine dont le reputation est internationale. Convaincus des notre premier steak d'au moins 400 grammes chacun, nous decidons meme de nous acheter une poele afin d'agrementer nos menus. Dans le village d'Humahuaca, nous sommes tous les quatre invites chez Lirio et Rafo, un couple d'artistes aux idees pacifiques. La soiree s'etire entre crepes, danses bretonnes et airs de flute traditionnelle. Le lendemain nous quittons Laurence et Lionel a regrets, apres plus de deux semaines de peregrinations en commun. Leur avion les ramene en France dans quelques jours, tandis que nous prenons la route Salta-Resistencia, direction le Paraguay.


















































